Historique
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Des indices d'occupation humaine antérieure à l'édification du manoir ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques dans les années 70. L'implantation du domaine au creux d’un vallon traversé par le ruisseau des Rigaudières, correspond à une logique d’occupation antique. Le toponyme "Béru" pourrait dériver du latin Beria, signifiant « plaine ». Des observations de terrain, complétées par des analyses topographiques, suggèrent la présence d’une enceinte primitive, peut-être d’époque gallo-romaine.
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Dès le haut Moyen Âge, le site est structuré autour d’une motte féodale. Des traces visibles en vue aérienne laissent penser à une première enceinte fortifiée. Au XIIIe siècle, la terre de Béru (alors appelée Besrou) est mentionnée dans les chartes : elle relève de la châtellerie de Vallon et regroupe plusieurs fiefs secondaires.
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C’est entre 1480 et 1490 que le logis actuel est bâti, dans un contexte de reconstruction après la guerre de Cent Ans. L'architecture de l'édifice correspond parfaitement à celle de l'époque de transition entre la fin du Moyen Âge et les débuts de la Renaissance : une tour d’escalier en façade, des baies à meneaux, une organisation rigoureuse des espaces entre cour, logis et communs. Sobre mais solide, le manoir symbolise les choix des seigneurs de Béru, désireux d’ancrer leur autorité sans ostentation dans le paysage rural.
Proche d’autres sièges seigneuriaux de première importance, Béru a été au cours du temps délaissé à la faveur d’autres sites. Vendu et hérité de nombreuses fois à travers le XVIe siècle, le bien se transmet principalement par les femmes.
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En 1594, l’autorisation de fortifier le site est officiellement accordée à Jehanne Guillart. Une enceinte fossoyée est alors construite, flanquée de tours d’angle, témoignant d’une époque marquée par les guerres de religion. La famille Guillart, de religion protestante, dote sa demeure de dispositifs militaires pour assurer sa sécurité. Ces fortifications ont traversé les siècles avec peu de remaniements, ce qui en fait aujourd’hui un témoignage rare de cette époque.
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Au XVIIe siècle, le manoir perd peu à peu son rôle de résidence seigneuriale. Faute d'entretien et de moyens, le Béru est revendu de multiples fois. Les tours arrière perdent leurs poivrieres, et certains bâtiments sont réaffectés ou laissés à l’abandon.
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Une riche famille d'avocats du Mans prend le nom de Belin de Béru. Le Béru devient leur résidence secondaire de plaisance et vivrière.
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À partir du milieu du XVIIIe siècle, le manoir devient un simple fermage pour la famille Belin puis Montesson. Cette affectation agricole a évité les remaniements au cours du temps et préservé les éléments typiques intérieurs et extérieurs de l'architecture d'origine. Le logis devient le 'Petit Beru et la basse cour devient le 'Grand Béru' dans une logique basée sur l'usage agricole.
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C’est dans les années 1970 que Henri Foucard, un passionné de vieilles pierres, redécouvre la valeur patrimoniale du site. L’état de l’édifice est alors préoccupant : toiture affaissée, murs lézardés, éléments sculptés très dégradés. En 1974 il acquière le manoir et entreprend un vaste chantier de sauvetage. Grâce à son incroyable investissement, plusieurs éléments majeurs sont restaurés : les toitures sont consolidées, certaines tours retrouvent leur silhouette, les cheminées restaurées. Cette dynamique de restauration aboutit à un double classement en 1976 : les façades, les charpentes, les deux cheminées et l’escalier intérieur du logis sont classés Monument Historique, les communs sont inscrits à l’inventaire.
Photos classement 1976
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Pendant les décennies suivantes les différentes propriétaires se relaient pour poursuivre des campagnes de restaurations et d'embellissement. Fin des années 90, les baies qui retrouvent leurs meneaux et traverses, une allée de platane est plantée et le jardin d'honneur dessiné. L'enceinte Est en état de ruine est remontée au début des années 2000.
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En 2018, le Petit Béru entre dans notre famille. Portés par l’histoire du lieu, nous avons souhaité prolonger le travail des propriétaires précédents avec une nouvelle phase de restaurations. Notre démarche s'inscrit dans la continuité des efforts engagés depuis un demi-siècle, en consolidant les structures les plus fragiles et restituant les volumes perdus, notamment ceux des tourelles arrières. La finalité est de rendre au manoir la cohérence architecturale qu’il avait à la fin du Moyen Âge tout en diminuant fortement la consommation énergétique dans une démarche eco responsable. Il s'agit donc d'un travail de sauvegarde long et progressif, pour rester fidèle à celui entrepris depuis soixante ans.