État actuel

Le manoir du Petit Béru impressionne par son authenticité et sa silhouette préservée, cependant il reste aujourd’hui un bâtiment fragile. Certains éléments majeurs montrent des signes de faiblesse structurelle et exigent des interventions de sauvegarde urgentes.

La toiture du logis principal, en ardoise, n’a pas été reprise depuis plus d'un siècle. De nombreuses ardoises sont dégradées, les charpentes ont souffert de l’humidité, et des infiltrations menacent les intérieurs restaurés. Sans intervention rapide, des dégradations structurelles plus importantes sont à redouter.

Les maçonneries des tours montrent elles aussi des signes d'usure, notamment aux points d’angle et au niveau des ouvertures. Plusieurs dégâts fragilisent l’homogénéité de l’édifice et sa stabilité.

Les bâtiments des communs, qui bordent la cour d’honneur, présentent eux aussi des signes de fragilité. Les toitures de dépendances, en terre cuite artisanale, n’ont pas bénéficié d’un entretien régulier et montrent un état de dégradation avancé : affaissements localisés, tuiles manquantes, infiltrations récurrentes. Ces désordres affaiblissent les charpentes d’origine et compromettent la stabilité des bâtiments.

Vue aérienne d'une vieille maison en pierre avec un toit en ardoise couvert de mousse, entourée de verdure, avec un ventilo à l'arrière-plan.
Vue aérienne d'une vieille maison en pierre avec un toit en ardoise couvert de mousse, entourée de verdure, avec un ventilo à l'arrière-plan.
Clichés de deux parties d'un toit en ardoise. La première montre le sommet d'une cheminée d'un logis avec un bonde côté en ardoise décomposée; la seconde montre une petite pente de toit avec des crochets rouillés et des matériaux dégradés.
Toit en tuiles anciennes, cassées et poreuses, vu du sud, entouré de végétation verte.
Toit en tuiles anciennes, cassées et poreuses, vu du sud, entouré de végétation verte.

Les travaux urgents

1. Remplacement des ouvrants du logis

Les menuiseries extérieures, toutes datées de la rénovation de 1976 sont en simple vitrage, sans étanchéité. Les eaux de condensation lessivent peu à peu les bois et les pierres de soubassement. Ces eaux sont consécutives à la présence d’un simple vitrage qui favorise l’apparition d’un point de rosée, en plus de défavoriser le confort  et les déperditions énergétiques. L’absence de finition peinte contribue à une exposition des bois qui présentent un état avancé de dégradation en particulier coté cour.

Le projet de restauration prévoit de remplacer l'ensemble des ouvrants par des menuiseries réalisées à l'identique en chêne français, avec du double vitrage mince d'aspect d’un verre soufflé posé au mastic. La porte d'entrée sera réparée sur sa partie basse et isolée avec de la laine de bois.

Trois portes en bois avec des détails industriels et une porte en bois ancienne encadrée de pierre.

2. Restauration de la toiture du logis

Les couvertures du logis principal sont aujourd’hui vétustes. Le versant Est est en très mauvais état, et l'autre nécessite aussi rénovation. Une réfection complète est indispensable à court terme pour préserver l’intégrité de l’ensemble.

Le projet de restauration prévoit la repose d’ardoises au clou cuivre, pour garantir à la fois une excellente tenue dans le temps et une cohérence architecturale avec les matériaux d’origine. Les égouts seront réalisés en ardoise, les noues des lucarnes seront rondes, et les faîtages seront refaits en plomb, conformément aux descriptions d’époque. Des passes-barres en plomb assureront la ventilation de la couverture, tandis que les châssis de toit seront remplacés par des éléments neufs, discrets et adaptés à la pente des versants. Les solins seront également repris au droit des souches de cheminées.

3. Reconstruction des tourelles arrière

Tronquées au XVIIe siècle, les deux tourelles Est du logis laissent aujourd’hui les élévations et fondations exposées aux intempéries. Leur absence favorise les infiltrations d’eau et accélère la dégradation des maçonneries basses.

Leur reconstruction cherche donc à restaurer l’équilibre visuel du manoir, ainsi qu’assurer la protection durable des parties les plus vulnérables du bâti. Les nouvelles structures seront rebâties sur les bases existantes, en pierre locale, avec couverture conique en ardoise et détails architecturaux restitués à l’identique.

Cette intervention permettra au manoir de retrouver sa silhouette d’origine, tout en renforçant sa stabilité à long terme.

Un vieux château en pierre avec un toit en pente, des fenêtres à petits carreaux et un jardin devant.

4. Consolidation des maçonneries

Plusieurs pans de mur montrent des désordres structurels : fissures, pertes de matériau, mortiers dégradés. Certaines élévations sont localement jointoyées inesthétiquement au mortier hydraulique ou au ciment. Des interventions ciblées permettront de stabiliser et protéger les murs. 

5. Réfection des toitures des communs

Les dépendances bordant la cour d’honneur présentent des couvertures vieillissantes en tuiles. Une reprise complète est donc nécessaire, dont la reprise de certaines charpentes et la consolidation des murs porteurs affaiblis. Un réseau de drainage périphérique, discret et adapté au site classé, devra également être mis en œuvre pour limiter les remontées capillaires et préserver les maçonneries basses.

Deux images côte à côte montrant des éléments de construction en pierre. La première montre une aile en retour d'équerre avec maçonneries de moellons jointoyées au mortier hydraulique, avec des arbres et un mur en pierre en arrière-plan. La deuxième montre une aile en retour d'équerre avec arase jointoyée au ciment, avec une partie du toit en tuiles au-dessus et un mur en pierre en dessous.

6. Eco-restauration pour réduction de la consommation énergétique

Lors de son achat en 2018, le monument historique est une passoire thermique (DPE F) : les fenêtres sont à simple vitrage, la toiture ne présente aucun isolant, la chaudière au fioul date de 1974, les radiateurs en aciers et à ailettes n'ont pas d'inertie (eau à 70°C), les cheminées à foyers sont ouvertes et non étanches à l’air, il n’y a pas de ventilation mécanique, les canalisations sont partiellement calorifugées, etc.

Depuis 2019, un vaste plan d'éco-restauration est mené avec des matériaux locaux et durables afin de réduire la consommation énergétique et améliorer le confort. A l'issue des travaux, le monument aura un DPE D, réduit les emissions de CO2 de 95%, tout en augmentant considérablement le confort.

Timeline avec différentes phases de travaux de 2019 à 2028, incluant l'installation de ventilation mécanique contrôlée, rénovation électrique, remplacement de chaudière et radiateurs, puis isolation des murs, plancher et couverture.